Guéorgui Gospodinov est l’un des jeunes écrivains les plus talentueux de Bulgarie. Maître de l’ironie douce amère, il mêle souvenirs personnels, évocation de petites tragédies personnelles et destin de son peuple, confronté aux difficiles enjeux de l’après-communisme et de la transition.
Après Un roman naturel, ce recueil de nouvelles, d’inspiration assez variées, permet de découvrir les différentes facettes de son art. Dans la nouvelle qui donne son nom au recueil, l’interlocuteur mêle en une troublante passion lettres de l’alphabet et femmes de sa vie. Le héros de la nouvelle « Gaustin » choisit quant à lui de vivre au début des années 1930, et non plus dans les décevantes années 1990 : l’expérience du temps ne serait-elle pas, en réalité, subjective et réversible ? Pourtant, souligne Gaustin lui-même, « personne ne peut entrer deux fois dans la même histoire ».
Ainsi que l’explique la traductrice dans la préface, ce recueil est avant tout placé sous le signe du jeu, et notamment du jeu de mots, de manière à essayer de révéler le sens d’un quotidien souvent frustrant et dérisoire.











